VIETNAM: Identification d’un nouveau virus qui attaque le cerveau, le Cycv-VN

Cycv-VN

Ce nouveau virus identifié chez des patients atteints d’infections cérébrales graves au Vietnam, par des chercheurs du Welcome Trust et de l’Université d’Oxford, pourrait représenter une véritable menace pour la santé humaine et animale. Probablement de source animale, cet agent infectieux a été identifié dans le liquide qui entoure le cerveau, un milieu normalement stérile, et semble associé à de graves infections cérébrales. Les premières informations sur ce virus viennent d’être publiées dans la revue mBio.

Les infections du système nerveux central et du cerveau sont souvent mortelles et, au mieux, entraînent chez les patients atteints, majoritairement jeunes, de graves handicaps. Ces infections peuvent être le résultat de nombreux agents bactériens, parasitaires, fongiques et viraux, cependant, dans plus de la moitié des cas, les médecins ne pourront identifier la cause précise de l’infection. Ne pas identifier l’agent responsable rend le traitement impossible.

Le nouveau virus, provisoirement nommé Cycv-VN (pour cyclovirus–Vietnam), a tout d’abord été identifié chez 28 patients atteints d’infections graves du cerveau, dans le liquide qui entoure le cerveau, lors de l’étude qui portait sur un total de 644 patients atteints d’infections cérébrales et 122 patients témoins. Les auteurs précisent que le virus, en revanche n’a été identifié chez aucun des 122 patients témoins sains. En utilisant des techniques de séquençage génétique, l’équipe a pu séquencer l’ensemble du matériel génétique du virus et a abouti à un nouveau virus, qui n’avait jamais été documenté auparavant.

Cycv-VN appartient à une famille des virus Circoviridae, déjà associée à la maladie chez les animaux, notamment les oiseaux et les porcs. Le Dr Rogier van Doorn, chef du Programme des maladies tropicales de l’Université d’Oxford, explique: «Nous ne savons pas encore si ce virus est responsable des infections graves du cerveau que nous constatons chez ces patients, mais identifier un agent infectieux comme celui-ci dans un environnement normalement stérile comme le liquide qui entoure le cerveau est extrêmement important. Nous devons comprendre la menace potentielle de ce virus pour la santé humaine et animale ».

Une source animale de l’infection ? Cycv-VN n’est pas présent dans les échantillons de sang des patients, mais a été détecté dans 8 des 188 échantillons fécaux des enfants atteints. Or le virus a également été détecté dans plus de la moitié des échantillons de matières fécales provenant de poulets et de porcs, prélevés à proximité du lieu d’habitation d’un des patients infecté par le virus, ce qui pourrait suggérer une source animale de l’infection.

Le Dr Le Van Tan, de l’Unité de Recherche Clinique de l’université d’Oxford ajoute que les preuves semblent suggérer que Cycv-VN a été transmis de l’animal à l’homme mais précise que la détection du virus dans des échantillons humains n’est pas en soi une preuve suffisante pour établir que le virus est bien responsable de l’infection cérébrale. Si sa présence dans le liquide qui entoure le cerveau est remarquable, il se pourrait qu’elle ne cause aucun dommage ? Les chercheurs cultivent actuellement le virus en laboratoire pour développer un test de détection sanguin et évaluer les niveaux d’anticorps chez les patients. Le test pourrait révéler la partie de la population exposée au Cycv-VN sans symptômes évidents de la maladie.

Source: mBio