Vietnam : des opportunités pour les PME et les start-up françaises

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C’est parti pour l’année France-Vietnam. Des entrepreneurs français ont fait le voyage à Hô-Chi-Minh-Ville pour son coup d’envoi, et examiner les opportunités de business, en sous-traitance et sur le marché local.

Les PME françaises mettent le cap sur le Vietnam. Medventiv, une start-up bretonne qui commercialise une prothèse dentaire innovante, a commencé à sonder des distributeurs locaux. Et Bulkypix, éditeur de jeux vidéo, a commencé à solliciter des studios de création locaux… Car le Vietnam regorge d’opportunités de business. C’est en tout cas le message optimiste que la ministre du commerce extérieur, Nicole Bricq, entendait faire passer aux entrepreneurs français qui l’accompagnaient le 7 avril dernier à Hô-Chi-Minh-Ville.
Doubler la part de marché des entreprises françaises au Vietnam

La ministre a donné sur place le top départ de l’année France-Vietnam qui débute par la France au Vietnam en 2013 et se poursuivra par le Vietnam en France en 2014. A cette occasion, Nicole Bricq a inauguré le Forum d’affaires organisé par l’agence d’accompagnement des entreprises à l’export Ubifrance. Au total, 91 entrepreneurs et dirigeants d’entreprise, la plupart des PME, étaient présents. L’objectif est de relancer les exportations françaises au Vietnam. Car jusqu’à présent, les sociétés françaises n’ont guère profité des liens culturels unissant les deux pays, et censés les avantager. Elles ne s’adjugent qu’un maigre 1% des importations, loin derrière le premier fournisseur qu’est la Chine (25 %). « Nous avons un sérieux effort de rattrapage à faire. L’objectif est de multiplier notre part de marché par deux dans quatre ans », a martelé la ministre.

Présentation vidéo de l’année France-Vietnam

Pour Christophe Lecourtier, directeur général d’Ubifrance et lui aussi présent à Hô-Chi-Minh-Ville, c’est le moment ou jamais pour les entreprises françaises de s’intéresser au Vietnam. La classe moyenne en développement constant et la population jeune, en quête de nouveautés, offrent des débouchés, par exemple pour des produits alimentaires et des cosmétiques plus sophistiqués que l’offre locale. Malgré la crise qui touche le pays depuis plus d’un an et qui enraye momentanément ces velléités de consommation. Autre élément pointé par Christophe Lecourtier : « Les Vietnamiens cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine, et donc à attirer des investisseurs dans une logique de transfert de technologie pour fabriquer localement des produits à plus haute valeur ajoutée ».

Les jeux vidéo sont un secteur prometteur pour la sous-traitance

Les secteurs les plus prometteurs sont ceux du green business, de la santé et des nouvelles technologies de l’information. Les entreprises françaises peuvent y développer autant du business local que de la sous-traitance. « En cinq ans, le nombre de studios jeux vidéo vietnamiens a explosé en passant de quelques-uns à 200 », précise par exemple Nicolas Leymonerie, un jeune ingénieur qui a créé au Vietnam une activité de conseil dans le développement des jeux vidéos. L’effervescence locale a déclenché l’intérêt de certains spécialistes français de jeux et applications sur mobile. Tel Bulkypix (3,5 millions d’euros de CA) qui souhaite faire développer des jeux sur place avant de les commercialiser dans le monde entier. Autre prétendant, Succubus Interactive (12 personnes), le pionnier français des Serious Game attiré par les compétences des Vietnamiens dans ce domaine. « Comme dans toute l’Asie, les jeux ont un gros potentiel. Sauf qu’ici nos interlocuteurs paraissent plus accessibles qu’en Chine ou en Corée, par exemple, raconte Laurent Auneau, le président de Succubus. Une grande entreprise de formation et le premier réseau social du pays ont marqué beaucoup d’intérêt pour notre offre ».

Le Vietnam, marché local prometteur

Quant aux entreprises qui souhaitent conquérir le marché local, comme Medventiv avec son appareil dentaire orthopédique, elles envisagent aussi le Vietnam comme une tête de pont pour rayonner en Asie du sud-est, et dans les 10 pays membres de la zone ASEAN à forte croissance ( Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Vietnam, Laos, Birmanie et Cambodge). « Le Vietnam pourrait devenir notre base arrière pour s’attaquer à des pays proches comme Singapour », confirme Amandine Lamarre, responsable export de Medventiv.

Source : Les Echos