Le Vietnam veut interdire à Hanoï, les mobylettes et autres deux-roues motorisés d’ici 2030

Pour lutter contre les bouchons et la pollution atmosphérique, le gouvernement vietnamien vient de proposer une mesure-choc : interdire les mobylettes et autres deux-roues motorisés des rues de sa capitale d’ici 2030.

Il y a encore 20 ans, l’unique moyen de transport au Vietnam était le vélo. Suite à la croissance économique et l’augmentation du niveau de vie, le flux ininterrompu de cyclistes a été remplacé par une multitude de deux-roues motorisés. On compte cinq millions de mobylettes ou motos pour sept millions d’habitants à Hanoi, contre seulement 500.000 voitures en circulation, ce qui fait du Vietnam l’un des pays d’Asie du Sud-Est avec le plus fort taux de deux-roues.

Et les ventes augmentent à un rythme “alarmant”, justifie la municipalité de Hanoi pour appuyer son projet d’interdiction qui s’accompagne d’une promesse de développement des transports publics. Ces derniers ne représentent à l’heure actuelle que 12% du trafic dans la capitale. L’objectif est d’atteindre les 50% d’ici 2030. Ce qui ne sera possible qu’après le lancement, en 2018, de plusieurs lignes de métro, projets retardés depuis des années.

Les autorités vietnamiennes se sont inspirées de villes comme Séoul ou Tokyo qui, selon l’AFP, auraient elles aussi interdits les deux-roues. L’un des objectifs est de désengorger les rues de la capitale. Nguyen Duc Chung, le maire de Hanoi explique qu’au rythme actuel, il pourrait y avoir jusqu’à sept millions de deux-roues et un million de voitures dans la ville d’ici 2020 : “Nous avons donc réellement besoin d’une solution rapide.”

L’autre objectif est de réduire les quantités de “particules fines”, les plus nocives pour la santé. Leur niveau était considéré comme dangereux pour la santé sur plus de 282 jours en 2016, selon l’ONG GreenID. Afin de pouvoir quantifier le risque de cette pollution, Hanoi a prévu d’installer un système de mesure de la qualité de l’air, avec plus de 350 stations, qui devraient être installées d’ici à 2020.

Source : Eléonore Loisel / Le Vif