Le Vietnam se prépare à une propagation de la nouvelle souche de grippe aviaire : le H7N9

Les autorités de plusieurs pays asiatiques dont le Vietnam sont en train de mettre sur pied des mesures de protection de la population face à la nouvelle souche de grippe aviaire, le H7N9, qui a jusqu’à présent infecté 24 personnes en Chine, dont sept sont décédées.

Ce sont les premières infections et les premiers décès causés par cette souche du virus enregistrés dans le monde. Les pays voisins de la Chine ont réagi en accroissant la capacité de leurs hôpitaux, en renforçant la surveillance des maladies et les contrôles aux frontières, en publiant des rappels de l’interdiction des importations illégales de volaille et en testant de manière plus stricte les produits importés.

À la suite d’un abattage sélectif de volailles le 5 avril à Shanghai, l’une des villes chinoises touchées, Yi Guan, expert en pandémie et en virologie de l’Université de Hong Kong a dit à IRIN qu’il s’attendait à une baisse ou une stagnation du nombre de cas rapportés chez l’homme. Mais il a ajouté que les experts avaient encore beaucoup à apprendre sur la maladie.

Le virus s’est révélé être « faiblement pathogène » chez les oiseaux terrestres, a-t-il remarqué. Il est donc difficile d’expliquer pourquoi il a eu des effets aussi graves sur les humains. Par ailleurs, la propagation réelle de la maladie reste inconnue. « Nous manquons de connaissances et n’avons pas une image complète de la situation. Certaines personnes touchées par le H7N9 pourraient ne présenter qu’une infection mineure, voire aucun symptôme », a dit M. Guan.

Les spécialistes ignorent comment et pourquoi les 24 cas connus ont été infectés. Certains étaient en contact avec des animaux ou leur habitat et l’on soupçonne les volailles d’être la cause de ces infections, mais la source et l’hôte de ce virus n’ont pas encore été confirmés en laboratoire. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a noté qu’il était « essentiel » de savoir quelles espèces étaient responsables de cette épidémie mortelle « afin de cibler les réponses en conséquence, notamment en ce qui concerne les restrictions commerciales ».

Vietnam
Le Vietnam, qui importe de la volaille vivante de Chine, a émis le 4 avril une directive gouvernementale rappelant aux fonctionnaires travaillant près de la frontière chinoise d’être attentifs à bien empêcher les importations illégales de volaille et inspecter les importations légales avant leur distribution.

Le ministère de la Santé vietnamien a affecté plusieurs laboratoires à l’analyse d’échantillons de sang prélevés sur des cas suspects.

L’institut des maladies tropicales d’Hanoï, la capitale, dispose déjà de 8 000 doses de Tamiflu (considéré par les autorités chinoises comme efficace pour traiter le H7N9 aux premiers stades de l’infection), de 23 insufflateurs et de deux dialyseurs. Le 5 avril, le ministère de la Santé a adopté un plan d’action en cas d’épidémie de H7N9.