Le Vietnam renouvelle ses dirigeants : vers une transition politique ?

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Qui dirigera le Vietnam au cours des cinq prochaines années ? C’est la question à laquelle devra répondre le XIIe Congrès national du Parti communiste vietnamien, qui s’est ouvert à Hanoï ce jeudi 21 janvier pour se terminer le 28 janvier 2016. Il doit désigner les trois plus hauts dirigeants du pays. D’habitude, tout est conclu des mois à l’avance. Mais cette année, rien ne semble joué.

Au Vietnam, pays de 90 millions d’habitants, les gens ont pris l’habitude de ne pas parler politique. Mais ces derniers jours, il est difficile d’éviter le sujet. Dans toutes les rues ou presque, des posters accrochés aux murs annoncent la tenue du XIIe Congrès national du Parti communiste vietnamien.

Deux lignes
Ce grand rendez-vous est l’occasion de désigner le secrétaire général du Parti, le président et le Premier ministre. La liberté d’expression étant étroitement surveillée dans le pays, les gens se défoulent sur les réseaux sociaux où ils n’hésitent pas à afficher leurs pronostics et à relayer des rumeurs.

Il faut dire que, cette année, les dés sont loin d’être jetés. Deux factions s’affrontent. D’un côté : la vieille garde, représentée par le secrétaire général du parti Nguyen Phu Trong, un conservateur. De l’autre : la faction réformatrice du Premier ministre Nguyen Tan Dung.

Ce dernier, considéré comme pro-occidental, a supervisé l’adhésion du Vietnam à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et plus récemment la participation du pays au Partenariat Transpacifique (TPP) sous l’égide des Etats-Unis. Moins dogmatique, Dung est soutenu par les milieux d’affaires.

Enjeux régionaux
Le Premier ministre traîne en revanche quelques casseroles. Certains lui reprochent son implication dans l’endettement colossal de certains grands groupes d’Etat, et à titre plus personnel, les ascensions fulgurantes de son fils au sein de l’appareil d’Etat, et de son beau-fils, qui possède la franchise McDonald’s.

Face à Dung se dresse donc le chef sortant du Parti, Nguyen Phu Trong, véritable homme fort qui dicte la ligne du Vietnam. C’est à lui que l’on doit un durcissement de la répression à l’égard des militants des droits de l’homme et des contestataires.

Le Congrès durera jusqu’au 28 janvier. Quel qu’en soit le résultat, il pèsera sur les relations entre Hanoï, Pékin et Washington, que l’élite du Parti considère désormais comme un allié sûr, face à l’influence grandissante de la Chine dans la région.