Le Nouvel An vietnamien s'est aussi préparé au Marché d'Asie

marche asie laval

Dimanche, c’était le Nouvel An vietnamien (Têt), sous le signe du serpent. Chez les Huynh, qui tiennent le Marché d’Asie, rue Bernard-Le-Pecq à Laval, les préparations ont été bon train. Tant au magasin qu’en privé.

Avec le Marché d’Asie, Thu a trouvé sa voie. Alliant les rencontres, la nourriture qu’il adore et le commerce tout en profitant de ses origines. À bientôt 40 ans, Thu Huynh est épicier, un métier à l’ancienne, où il croise plein de gens différents et réunit des produits de toutes provenances. Avec sa femme Phuong, ils ont trouvé leur équilibre : entre vie professionnelle et vie personnelle, et leur petite Jade.

Quand Thu Huynh est arrivé du Viêt-nam en France dans les années 1980, il avait 8 ans. L’occasion pour sa famille de commencer une nouvelle vie, loin du régime communiste. Il grandit en Mayenne, seul endroit à offrir du travail à ses frères.

Après une maîtrise de gestion des entreprises à Lyon, Thu Huynh enchaîne les expériences: il travaille dans l’import-export en Australie, devient serveur à San Francisco, travaille dans un resto japonais puis dans la protection judiciaire à Paris… « D’accord, ma famille était fière de moi mais le contact me manquait et Phuong, qui avait une maîtrise d’économie, travaillait comme femme de ménage à Paris. On voulait changer de vie… »

Le marché du monde

Retour en Mayenne. « C’est un département où il y avait du travail et qui est agréable. On a commencé par ouvrir un bar avec petite restauration jusqu’à 2 h. Et puis, on a voulu avoir un bébé et ce n’était plus compatible ! ». De là est venue l’idée de créer une épicerie asiatique, mais rapidement, le couple propose aussi des produits réunionnais, africains, indiens, japonais… « Aujourd’hui, c’est plus un marché du monde que le Marché d’Asie ! Les gens venaient nous demander tel ou tel produit… Comme je fais mes courses à Rungis toutes les semaines, c’est facile à trouver ! »

Avec leur épicerie, Thu et Phuong disent s’épanouir même s’ils ouvrent six jours sur sept avec des horaires tardifs. « Ici, on crée de la vie, il y a un vrai contact. Les personnes âgées n’hésitent pas à venir acheter une bouteille de lait pour jeter un coup d’oeil dans les rayons. » Où l’on trouve, des postiches de cheveux, des vêtements artisanaux du Viêt-nam et une multitude de légumes et de fruits frais exotiques.

Bon pour le karma

« Samedi soir, on a offert des Bánh chưng (gâteau du Nouvel an, NDLR) et des plateaux de fruits confits : patate douce, gingembre, papaye, noix de coco et mandarine.», détaille Phuong. Ajoutés à une multitude de mets, ils sont offerts aux ancêtres sur un autel, le temps que brûle l’encens. « Après, on peut les manger. Et la fête dure cinq jours ! »

La petite Jade, elle, a eu des habits neufs car il faut tout remettre à plat au Nouvel an. Elle a reçu une pochette rouge pleine de billets… neufs pour bien démarrer l’année. Le tout sous les lampions impériaux allumés un peu partout. Mais, dès mardi, Thu et Phuong Huynh seront derrière leur comptoir à servir les clients.« Car, nourrir les gens, chez nous, c’est s’assurer un bon karma ! » Et c’est aussi un clin d’oeil à leur famille: les parents de Thu et ceux de Phuong étaient… épiciers.

Poour plus d’infos : Marché d’Asie, 114, rue Bernard-Le-Pecq à Laval. Du mardi au samedi de 9 h à 22 h et le dimanche de 10 h à 20 h. Tél. 02 43 69 15 87.

Source : Virginie PACAUD / Ouest-France