La quête identitaire vietnamienne de Monsieur Ong

Mr Ong et son grand-père

Nicolas Ong, qui dirige le Comité local de l’Association d’amitié franco-vietnamienne avait un aïeul travailleur indochinois.

C’est bien une quête identitaire, une volonté de remonter aux sources de ses racines vietnamiennes qui ont poussé Nicolas Ong à engager des recherches, en 2009. Après le décès de son père, qu’il a peu connu compte tenu de la séparation de ses parents, le jeune homme s’est lancé sur les traces de son grand-père paternel, Toang Ong, contraint de venir en France en 1940 dans le cadre de la Main-d’œuvre indigène (MOI). Un grand-père instituteur, parlant bien le français, engagé comme traducteur au sein des troupes de travailleurs indochinois, avant de se marier avec une Bretonne.
Un documentaire au cinéma

Aujourd’hui, Nicolas Ong qui vit à Eysines après avoir passé son enfance à Blanquefort, anime le Comité local Bordeaux Gironde de l’Association d’amitié franco-vietna- mienne. Dans ce cadre-là, il entend multiplier les initiatives pour faire connaître la culture du Vietnam.

Il se félicite, par exemple de la programmation du documentaire « Công Binh La longue nuit indochinoise » de Lam Lê, aux cinémas de Blanquefort (le 29 mars à 20 h 30) et d’Eysines (le 31 mars à 15 heures). Ce film primé au Festival du film d’histoire de Pessac évoque justement le drame de ces travailleurs recrutés de force. Nicolas Ong sera d’ailleurs présent lors des débats qui doivent avoir lieu avec le réalisateur après les projections. « Cette période sombre du colonialisme a été enfouie par l’État français et son homologue vietnamien, pendant près de 70 ans. Depuis, nous essayons de redonner mémoire et reconnaissance à ces hommes », dit-il.
Voyage au Vietnam

« À travers les recherches personnelles sur mon grand-père, j’ai découvert la culture, les traditions et les coutumes vietnamiennes qui m’étaient inconnues au départ », indique ce chauffeur de tramway de 31 ans, qui est par ailleurs (mais c’est une autre histoire), secrétaire de la section local du Parti communiste français. Cette quête a permis à Nicolas Ong de retrouver les membres de sa famille paternelle en France et en Asie.

Celui que l’on appelait « le Chinois » à l’école, s’est rendu au Vietnam en 2011, dans la commune de Di Luan d’où était originaire son aïeul, mort à Paris en 1988.

Nicolas Ong s’est aussi, lancé dans une autre aventure : il évoque la présence d’un camp de travailleurs indochinois à Eysines, entre 1944 et 1947, sur lequel il effectue des recherches. Tous les témoignages sur le sujet l’intéressent.

Tél. 06 79 82 07 60

Source : Sud Ouest