Importantes de cornes de rhinocéros saisies au Vietnam

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Des saisies importantes de cornes de rhinocéros ont eu lieu ces derniers jours en Thaïlande et au Vietnam. La Thaïlande représente depuis plusieurs décennies une plaque tournante du trafic des parties d’animaux protégés et parfois d’animaux complets, vivants ou morts. Les pays de destination sont la plupart du temps la Chine et le Vietnam. La police thaïlandaise a renforcé ces compétences et ces contrôles dans ce domaine depuis environ deux ans.

La saisie a été opérée vendredi 10 mars. Deux Thaïlandaises sont arrivées à l’aéroport de Bangkok avec d’importants bagages qui provenaient d’Ethiopie. Elles avaient visiblement des relations car elles avaient réussi à obtenir l’assistance de deux policiers de l’aéroport pour qu’ils les aident à franchir la douane sans être fouillées. Mais les douaniers ont insisté pour scanner les bagages aux rayons X. Et là, ils ont découvert plus de 20 cornes de rhinocéros pour un poids total de 50 kilos.

Le plus étonnant est que les deux femmes ont réussi à s’échapper pendant qu’avait lieu le contrôle des bagages, et qu’elles courent toujours. C’est la plus importante saisie de cornes de rhinocéros qui ait jamais eu lieu en Thaïlande. La cargaison représente une valeur de 4,5 millions et demi d’euros. Les saisies de parties d’animaux protégées sont en fait très régulières en Thaïlande, qu’il s’agisse de défenses d’éléphants, de cornes de rhinocéros, d’écailles de pangolin ou de pattes d’ours.

Un braconnage important en Afrique
Les pays d’origine sont bien sûr essentiellement les pays africains, surtout le Kenya, mais aussi l’Afrique du Sud, l’Ethiopie et la République Démocratique du Congo. Les pays destinataires sont la Chine et le Vietnam, où beaucoup d’habitants croient que se nourrir de ces parties d’animaux rares est bénéfique pour la santé ou augmente la vigueur sexuelle. La Thaïlande, pays carrefour de l’Asie du Sud-Est dotés de deux aéroports internationaux, est le point de réception des cargaisons en provenance d’Afrique. Celles-ci partent ensuite, le plus souvent par voie de terre vers le Laos, puis, de là, vers la Chine et le Vietnam. Les trafiquants sont de diverses nationalités : Africains, Chinois, Thaïlandais, Vietnamiens et aussi particulièrement les Laotiens qui dirigent certains réseaux de trafic. Ils bénéficient du fait que les autorités laotiennes ne prêtent aucune attention à ce commerce illégal.

Des lois qui divergent selon les pays
Au niveau des lois, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) édicte quelles sont les espèces protégées dont le commerce est interdit. Par exemple le commerce international des défenses d’éléphants est interdit depuis 1977. Mais ensuite les pays ont leurs propres lois. Par exemple, l’Afrique du Sud autorise l’exportation de défenses d’éléphants si celle-ci est à titre personnel et non pas commercial.

La Thaïlande de son côté a voté une nouvelle loi en janvier 2015 interdisant le commerce des défenses d’éléphants sauvages en provenance d’Afrique. La police s’est montrée assez active depuis. Avec l’assistance d’ONG, elle opère des saisies, effectue des tests ADN sur les défenses d’éléphant pour déterminer leur origine et elle oblige aussi tous les propriétaires d’objets en ivoire à s’enregistrer sous peine d’amende ou de prison. Surtout, et c’est le plus important, elle a procédé à une série d’arrestations, seul moyen pour démanteler les réseaux.

Source : RFI