Finale de Top Chef : Christine Ha, la chef aveugle qui a ému l’Amérique

On la surnomme la “Blind Cook”. Christine Ha a surpris tout le monde en remportant, en 2012, l’édition américaine de Masterchef. “Blind” car cette Américaine d’origine vietnamienne a perdu la vue en 2007 à cause d’une maladie auto-immune.

Ce lundi 21 avril, Pierre Augé, Noémie Honiat et Thibault Sombardier s’affrontent dans les cuisines de Top chef pour la finale de la saison 5. Le parcours de ces trois cuisiniers semble bien éloigné des difficultés auxquelles a dû faire face Christine Ha pour remporter son titre. Deux ans après sa victoire, the blind cook a publié un livre de ses meilleures recettes, un best-seller. Depuis janvier, la jeune chef présente une émission à la télévision canadienne.

Un handicap devenu un atout

Christine Ha a été repérée par l’équipe américaine de Masterchef grâce à son blog, theblindcook.com. La jeune femme n’a pas toujours été aveugle. En 1999, elle perd un oeil, en 2007, un second. La chef souffre d’une maladie appelée neuromyélite optique. Elle a appris la cuisine toute seule. “Lorsque j’étais à la fac, j’habitais dans un appartement avec une petite cuisine et j’ai appris à cuisiner pour survivre et ne pas manger de fast-food tout le temps. J’ai commencé à essayer des trucs et… c’était bon.” raconte-t-elle simplement au Los Angeles Times.

Si la candidate a dû faire face à de nombreux obstacles, elle avoue aussi que sa cécité lui a permis de développer ses autres sens. Le chef Gordon Ramsay, membre du jury a par exemple été impressionné par la finesse du palais de la jeune femme. “Elle choisit des ingrédients, elle les touche et imagine le dressage de son plat, commente, impressionné le juré. Mais c’est son palais qui est vraiment extraordinaire. Je connais des chefs étoilés qui n’ont pas un tel palais.”

Une cuisine vietnamo-américaine

Quand elle explique la façon dont Christine Ha travaille, tout semble simple. Pour la jeune femme qui multiplie les projets et prépare l’ouverture de son restaurant à Houston, la clé reste l’organisation : “À la maison, j’ai quelques ustensiles particuliers pour m’aider. J’utilise par exemple un thermomètre ou une balance parlante. Par contre, j’ai de vrais couteaux. Je ne me sers pas de couteaux sécurisés. J’ai l’habitude. Tout est une question d’organisation.”

Dans sa cuisine, la jeune chef ne renie pas ses origines, elle mixe volontiers ses racines vietnamiennes et américaines. Elle s’est d’ailleurs fait une spécialité de revisiter les nems, selon une recette de sa mère. “Le jour où j’ai goûté mes premiers nems, je me suis dit que je pouvais vraiment cuisiner.” C’est d’ailleurs le thème de son livre sorti en 2013.

Source : huffingtonpost