famille vietnamienne
Photo : amelie.toupin

Vie de famille au Vietnam

Aujourd’hui, la famille vietnamienne est composée en moyenne de deux parents et de trois enfants. L’école au Vietnam est obligatoire et gratuite jusqu’à l’âge de 14 ans, au delà elle est payante ou plus exactement une petite participation est demandée aux parents. Les enfants de cet âge n’y ont donc pas tous accès. C’est pourquoi, dans les familles les moins aisés, les enfants assistent les parents dans leurs tâches et travaux quotidiens ou vendent dans les rues des marchandises aux touristes tels que des chips, des cacahuètes et parfois même pour mendier….
La famille est sacrée au Vietnam et tourne autour de ce sentiment de grande solidarité et d’entraide au sein même de la famille. Ainsi, en suivant un rituel bien précis, les garçons de la famille héritent de la maison familiale et restent généralement toutes leurs vies auprès de leurs parents même après leur mariage. Les filles, quand à elles, quitteront leur cocon familiale pour rejoindre leurs maris. Et ainsi de suite de génération en génération.
C’est pourquoi, dans de nombreuses familles vietnamiennes, peuvent cohabiter dans le même lieu, grands-parents, parents, enfants et petits enfants.

Le culte des ancêtres dans la famille vietnamienne

Dans la tradition vietnamienne, la piété filiale est la vertu familiale de tout vietnamien et sa première religion sociale, c’est le culte des ancêtres. En effet, chaque maison possède son autel des ancêtres et chaque grande famille son lieu de culte appelé “le temple familial”.

Autel, culte des ancetres

C’est pourquoi, lorsque vous allez rendre visite à une famille vietnamienne, vous y trouverez systématiquement un autel, une sorte de table sur laquelle sont installés les tablettes des défunts, les photographies des ancêtres, un vase de fleurs, un plateau de fruits, des chandeliers et quelques baguettes d’encens piquées dans un bol de sable. A chaque défunt correspond une tablette (bài-vò) sur laquelle est gravé son nom. Cette tablette funéraire constitue “le siège de l’âme du défunt”.

Selon les Directives du Conseil des Evêques concernant le Culte des ancêtres à Nhatrang rédigées en novembre 1974, ces dernières décrivent les étapes à respecter de sa mise en place :

  1. L’autel des ancêtres est placé en-dessous de l’autel de Dieu dans a famille, pourvu que sur cet autel ne soit exposé aucun objet superstitieux, comme le Hoàn baïch (morceau de soie déposé sur la poitrine du mourant avant sa mort…)
  2. Brûler des baguettes d’encens et des bougies sur l’autel, ce sont là des gestes de piété filiale pour honorer les défunts; ces gestes sont autorisés.
  3. Les córémonies régionales à l’occasion des jours d’anniversaire des défunts sont autorisées, pourvu qu’on en élimine tout ce qui est superstitieux.
  4. Dans les mariages, les époux peuvent accomplir des cérémonies devant l’autel des ancêtres pour montrer leur respect et se presenter devant eux.
  5. Dans les cérémonies de funérailles on peut s’incliner ou se prosterner devant les défunts, brûler des baguettes d’encens selon les pratiques régionales, pour montrer du respect à leur égard, comme dans l’Eglise on a l’habitude de brûler des cierges et d’encenser les cercueils des défunts.
  6. On est aussi autorisé à participer aux cérémonies (au temple du village) pour honorer le genie tutélaire, personnage historique qui a bien mérité de la population – et non pour honorer par superstition quelque genie inconnu.

Selon l’auteur Florence Nguyen-Rouault qui a publié un ouvrage à ce sujet (“Le culte des ancêtres dans la famille vietnamienne”), elle écrit qu’en vénérant leurs ancêtres, les membres de la famille expriment leur respect, leur attachement et leur reconnaissance. Ils perpétuent ainsi l’attitude qu’ils ont toujours adoptée du vivant de leurs parents. Le lien d’affection et de solidarité qui unit les générations vivantes d’une famille repose sur la piété filiale, tandis que celui qui unit les vivants et leurs ascendants morts repose sur la pratique du culte des ancêtres ; ces deux aspects ont donc un même fondement moral et expriment un même sentiment.

C’est pourquoi, les cultes des ancêtres et des croyances antiques constituent le fondement de la structure familiale traditionnelle du Vietnam et jouent encore un rôle fondamentale dans la cohésion sociale de la famille vietnamienne d’aujourd’hui.