Des normands au Vietnam

Expat’. Dans Normands du Monde, des Haut-Normands font partager leur découverte d’ailleurs, leurs conseils en prime. Aujourd’hui, Yoann nous emmène au Vietnam.

A l’Ouest rien de nouveau, cap à l’Est ! C’est en ces mots que Yoann, 26 ans, a donné le départ pour un grand voyage en février dernier. Après quelques années de travail en Normandie, l’ingénieur, diplômé de l’Esigelec à Rouen, a choisi de mettre le cap sur l’Asie.

Et plus particulièrement sur le Vietnam qui offrait, selon le jeune homme et son amie :

le « meilleur compromis entre culture, langue et qualité de vie ».

Objectif : du travail et des visites selon les opportunités que ce changement de vie leur proposerait.
A leur arrivée à Hanoï, la capitale du Vietnam, c’est le grand choc des cultures. Dans le vieux quartier, la vie est trépidante, il y’a du bruit en permanence, les gens grouillent de partout. Et Yoann de s’interroger : « nous nous sommes dit : c’est vraiment là qu’on a choisi de vivre ? ». Mais après avoir passé trois nuits dans un hôtel du centre, il a trouvé un endroit plus calme pour poser ses valises.

Une maison, loin du tumulte des près de 7 millions d’habitants que compte la ville, près d’un lac, en colocation avec un Vietnamien, un Américain et une Mexicaine. Car s’il est relativement facile de trouver un logement à Hanoï, il l’est tout autant de lier des connaissances. « Les vietnamiens sont globalement très accueillants avec les étrangers quand on sort des quartiers touristiques. Mais il est très difficile de s’intégrer pleinement à cause de la barrière de la langue. Mais on peut tout de même tisser des liens très fort rien qu’avec des bribes de mots et des gestes amicaux », souligne Yoann.

LOIN DE LA VIE FRANÇAISE

Le couple a également rapidement fait des connaissances parmi les expatriés qui vont et viennent dans la ville. Le jeune homme apprécie particulièrement l’atmosphère d’entraide qui règne entre eux, quelque soit leur pays d’origine et leur langue maternelle. Au point que certains sont devenus des amis avec qui il partage des soirées et des week-ends découvertes dans son nouvel environnement. Après six mois sur place, Yoann connaît le nord du pays de long en large, un peu le centre, il a découvert plus récemment Saigon et enfin les temples d’Angkor au Cambodge. La météo est assez clémente pour que les expatriés profitent de tous les charmes du pays. « A Hanoï il y’a quatre saisons comme en France… Mais avec 10 degrés de plus toute l’année », analyse Yoann.

Un mois à peine après son arrivée au Vietnam, l’ingénieur a trouvé un emploi sur un site internet vietnamien, il est ainsi devenu manager de projet pour les jeux vidéo sur tablettes et smart phones chez Gameloft, une entreprise… Française ! Mais avec un fonctionnement loin de la vie professionnelle hexagonale dans lequel le jeune homme ne voit presque que des avantages. « Il n’y a pas de façon d’être obligatoire sur les lieux de travail, on peut s’habiller comme on veut et se tenir comme on veut, faire la sieste à midi ou encore arriver en retard, personne ne dira rien derrière votre dos. On est loin des médisances françaises ! Le seul inconvénient sont les heures de travail, je fais en moyenne 70 heures par semaine, avec la plupart du temps, les week-ends en plus…», précise Yoann.

Mais rien qui ne puisse freiner le Francais qui vient de déménager de sa maison au bord du lac pour un quartier populaire d’Hanoï où se trouvent beaucoup de logements sociaux. Encore une richesse que sait apprécier Yoann. « Les gens sont vraiment gentils, on parle à de nouvelles personnes tous les soirs, riant de notre barrière de la langue. Pour moi, on est dans le vrai Vietnam ! ». Celui si différent de la France, où les gens vivent littéralement devant chez eux, font tout dans la rue, aussi bien la vaisselle que les repas, la sieste, se couper les cheveux ou les ongles, réparer leur moto.

Un deux-roues d’ailleurs bien utile pour se faufiler dans les embouteillages asiatiques où un code de la route très simple est à respecter. « Tu fais ce que tu veux tant que tu protèges les conducteurs qui te précédent…», explique Yoann ajoutant qu’il est assez aisé de circuler – du moins d’éviter l’accident – puisque la vitesse dépasse rarement les 30km/h. «Mes premiers mots ont été : c’est vraiment le bordel ici, mais avec le temps on trouve une organisation dans le chaos ambiant », argumente le néo-Hanoïen.

Néanmoins, pour le jeune couple, cette ville n’est qu’une étape. « Quand je suis en France, j’ai du mal avec la pensée négative permanente. On a tout, mais tout va mal… Il y’a beaucoup de coins plus sympas où vivre dans le monde ! »

A commencer par le Vietnam visiblement.