De Cahors au Vietnam à vélo, le défi humanitaire d’un cycliste Lot-et-Garonnais….

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Parti en juillet de Cahors, Jean-Louis Barrère, originaire du Lot-et-Garonne et Lotois d’adoption, devrait atteindre à vélo le Vietnam à Noël. Pour réussir ce défi sportif sans assistance (il voyage avec tente, réchaud, etc.), il va parcourir 13 000 km, 80 000 mètres de dénivelé et 11 pays : France, Italie, Grèce, Turquie, Iran, (saut en avion pour éviter l’Afghanistan et le Pakistan), Inde, Népal, Birmanie, Thaïlande, Cambodge et Vietnam. Jean-Pierre Saillens, de Cahors, et Bernard Henry, d’Annecy, font partie de cette aventure. Le premier ira jusqu’à Téhéran, le second le rejoindra en Turquie jusqu’au Vietnam.

L’association «A vélo pour les enfants du monde» (AVEM) a été créée à cette occasion. Elle met en exergue quatre projets humanitaires référencés, portés par des associations implantées dans la région, entièrement dédiés à l’éducation des enfants. Actuellement, AVEM a recueilli 24000 euros. Le montant total des projets est de 40000 euros. 100 % des dons sont consacrés à ces projets. Treize écoles françaises, dont une grande majorité dans le Grand Sud, suivent ce projet et échangeront, via Internet, avec Jean-Louis Barrère à partir de la rentrée.

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«La Dépêche du Midi», partenaire de ce défi, vous permettra de suivre régulièrement le parcours de Jean-Louis, dont voici un premier retour, sur son passage en Italie. Hier, il était arrivé en Grèce, à Olympie. Ils sont vendeurs à la sauvette le long des plages. On les retrouve sur le coup de midi, en grappes, se serrant contre un tronc d’arbre pour bénéficier d’une maigre parcelle d’ombre. Ils sont ouvriers précaires au milieu d’infinis champs de tomates destinées à la conserve. Sous un soleil de plomb, elles jalonnent des routes longues comme des déserts sahariens et attendent le client, vêtues de minijupes fluorescentes.

Tous sont nés en Afrique noire, au Bangladesh, en Libye ou au Pakistan. Ils sont beaux, ont le regard profond des gens qui ont connu l’indicible et affichent un sourire parfois emprunté. Tous ces immigrés d’hier et d’aujourd’hui font partie du paysage humain de la côte Adriatique.

«Ne compte jamais sur l’État»
Les flots d’Italiennes et d’Italiens ultra-bronzés qui se déversent en ce mois de juillet par vagues incessantes sur les plages de galets blancs, sur fond de musiques de supermarché, ne les voient pas, ne les regardent pas. Tout ce monde cohabite et semble se satisfaire d’un équilibre fragile. Les uns et les autres se débrouillent dans cette drôle de démocratie à l’italienne où, plus qu’ailleurs, on vous rabâche un : «Aide-toi, le ciel t’aidera. Paye tes impôts (le minimum tout de même) et ne compte jamais sur l’État». Alors, plus je descends vers le sud du pays, moins les prix sont affichés et moins la carte bleue est acceptée dans les commerces. Tout est payé en espèce, une façon de ne pas avoir de compte à rendre à l’État. Conséquence la plus visible : les routes que mon vélo arpente, entre pistes cyclables et nationales, entre poids lourds et scooters, sont très détériorées et nécessitent une vigilance extrême pour ne pas chuter devant les roues d’un camion. Visiblement, il faut attendre que la chaussée agonise pour que les pouvoirs publics les raccommodent un peu.

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La route Adriatica qui longe la botte italienne et que je parcours comme une fourmi en épousant méticuleusement les contours de la côte, illustre parfaitement ce pays ; plein d’énergie, de fierté, de contrastes et d’un miracle constant qui distingue les pays méditerranéens européens : leur économie vacille mais elle résiste, s’adapte, trouve des ressources insoupçonnées pour continuer à avancer. Certes, au passage, l’Italie a son lot de misères et de taudis qui font tache non loin de villas somptueuses. Mais une fatalité toute religieuse semble offrir une certaine paix. Le soleil, le foot et une télé abrutissante jouent les amortisseurs.

Depuis mon entrée dans ce pays par le col de Larche (2 000 m d’altitude avec 50 kg sur le vélo !), ces Italiennes et ces Italiens, je les trouve beaux, joyeux, intelligents. Mais en quelques années, j’ai l’impression qu’ils ont perdu un peu de leur insouciance. Je ressens une mélancolie qui n’existait pas auparavant. Italiens et Français, nous nous ressemblons…

Encore une poignée de jours et j’atteins Brindisi (plus de 2 000 km parcourus) et prends un ferry pour rallier la Grèce. Un pays frère, qui vit puissance dix les effets d’une économie libérale dévorante. Le continent asiatique et sa porte d’entrée qu’est la Turquie m’accueilleront ensuite avant que je m’immerge dans un Iran que l’on m’annonce très accueillant. J’ai hâte. Coup de pédale après coup de pédale, je roule à sens contraire des migrants, moi le migrant éphémère.

Source : Ladepeche.fr