Audio – Procès de l’agent Orange en France : “C’est mon dernier combat”

Tran To Nga poursuit en justice les géants de la pétrochimie qui ont fabriqué l’agent orange utilisé au Vietnam. Ses effets continuent de causer des maladies graves.

Victime de l’agent orange, un défoliant utilisé par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam, Tran To Nga attaque les géants de la pétrochimie qui ont participé à son élaboration. Une deuxième audition a eu lieu ce jeudi 18 juin devant le tribunal d’Evry. Celle qui vit en France depuis 1993 n’a déposé plainte qu’en 2014. “Je ne savais pas que j’étais victime, explique-t-elle. J’ai visité une province du Vietnam où il y avait des victimes, ça m’a fait réfléchir sur mon cas : serais-je aussi une victime de l’agent orange ?”

 

Vingt-six sociétés, dont Monsanto, doivent répondre de la fabrication de l’agent orange, qui provoque de graves maladies chez ceux qui ont été à son contact et leurs enfants. “Ma première fille est morte d’une maladie incurable : elle avait quatre défauts au cœur (sic). Ma deuxième fille porte une maladie que je lui ai transmise (…) et ma troisième fille a une maladie de peau (…) Pour mes petits-enfants, c’est encore plus grave (…) L’agent orange se transmet de génération en génération et de plus en plus grave“.

L’armée américaine s’est servi de l’agent orange pour établir des “zones blanches autour de leurs bases” afin que les Vietcongs ne puissent pas se cacher dans la forêt. Tran To Nga espère désormais que les sociétés qu’elle attaque reconnaîtront leur responsabilité et que le procès aboutira sur un résultat positif : “J’espère qu’on aura un résultat avant que je parte définitivement. C’est mon dernier combat“.