Accusé d’aider des migrants, un jeune Vietnamien se suicide !

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Mercredi 31 mai, un Vietnamien de 24 ans, mis en cause pour aide à l’immigration clandestine, s’est suicidé au sein de l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) qui dispense des soins psychiatriques aux détenus. Il aurait mis fin à ses jours après avoir appris la décision du juge d’application des peines de le maintenir en détention provisoire. Son avocat, Me Dubout, est scandalisé. Le collectif Fraternité migrants Bassin minier 62 lance une collecte pour les frais d’obsèques.

Kim Le a été interpellé il y a quatre mois dans le cadre d’une vaste opération menée dans le camp de migrants Vietnamiens installé à Angres, près de Lens. La procédure de démantèlement des filières de passage vers l’Angleterre avait entraîné le placement en garde à vue et la présentation devant un juge d’instruction d’un chauffeur de taxi lensois et de quatre passeurs présumés.
Si le chauffeur de taxi a finalement été laissé libre le temps de la poursuite de l’enquête – avec obligation de pointer une fois par semaine, interdiction d’entrer en contact avec les Vietnamiens et de sortir du territoire français –, les Vietnamiens ont, eux, été placés en détention sur décision du parquet.

« Il y avait un non-lieu à espérer »

Depuis quelque temps, Kim Le était incarcéré au sein de l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) pour les détenus, implantée à Seclin et dépendant du centre hospitalier de Lille et de l’administration pénitentiaire. Il bénéficiait, notamment, de soins psychiatriques. « Il était fragile », explique son avocat, Me Bruno Dubout.
« Il n’a pas compris ce qui lui arrivait quand il a été arrêté », poursuit le collectif Fraternité migrants Bassin minier. « On le considérait comme un passeur mais ils ne sont là les passeurs. Kim était une victime avant tout. Il était ici depuis plusieurs mois. Son objectif était de passer en Angleterre. »

Le jeune homme avait demandé sa mise en liberté il y a quelques semaines. Demande refusée par le juge d’application des peines la semaine dernière. « Ça se voyait à l’audience qu’il allait se suicider. Il l’a fait quasi immédiatement après avoir pris connaissance de ce refus », poursuit le défenseur.

Me Dubout est d’autant plus scandalisé que, selon lui, son client :

Il représentait un modèle d’intégration. Il était parfaitement inséré, il participait à des formations pour parler français… Son implication pour aide à l’immigration clandestine était loin d’être avérée. Il y avait clairement un non-lieu à espérer .

Une collecte pour les frais d’obsèques
Le collectif Fraternité migrants Bassin minier s’interroge, « au-delà du défaut de surveillance », sur « la solitude vécue par les migrants en détresse, que ce soit à l’hôpital ou en prison. D’autant plus quand ils n’ont pas la possibilité de communiquer dans leur langue ». Il lance aujourd’hui une collecte pour les frais d’obsèques de Kim Le et, éventuellement le rapatriement du corps. « Sa famille au Vietnam a été prévenue mais le rapatriement coûte très cher… » Une cagnotte a été mise en place sur le site de financement participatif leetchi.fr.

Source : La Voix du Nord